Le blog DD d’I Care Environnement

La transition environnementale

Le monde est actuellement confronté à un gigantesque défi : pour la première fois de son histoire, l’Homme, par son développement, est confronté à la finitude de son environnement : saturation de l’atmosphère en CO2 (effet de serre), épuisement des ressources naturelles et perte de biodiversité.

Le temps des controverses scientifiques est maintenant derrière nous, faisant place au temps de l’action de chacun face à ce défi. Une 4ème révolution industrielle est en cours qui va, dans les 30 ans à venir, changer la façon dont nous produisons des biens, dont nous nous déplaçons et dont nous construisons notre habitat. Il s’agit d’une véritable « transition environnementale ©» qui, à l’instar de la transition démographique, va amener notre société d’un fonctionnement à forte intensité carbone à un fonctionnement à faible intensité carbone.

Le rapprochement de cette transition environnementale avec la transition démographique est fécond pour trois raisons :

1) La transition démographique est un concept majeur partagé par le plus grand nombre :

Ce concept repose sur l’effet retard entre la baisse du taux de mortalité et la baisse du taux de natalité. Cet effet retard s’est traduit par un accroissement majeur de la population au XXème siècle, phénomène en cours de stabilisation vers le premier quart du XXIème siècle en raison de l’inertie du phénomène.

2) Cette même transition démographique est le principal déclencheur de l’extension brutale des besoins de l’homme, nécessitant en réaction d’initier une transition environnementale©

En effet, si on prend l’exemple parlant du CO2, l’équation des émissions mondiales peut être classiquement présentée de la manière suivante :

CO2 (teqCO2) = Population (hab) x Richesse (PIB/hab) x Intensité énergétique (tep / PIB) x Intensité Carbone de l’énergie (teqCO2 / tep)

L’effet retard de développement des pays émergents a longtemps masqué les impacts environnementaux de la transition démographique puisque le facteur Richesse était particulièrement faible pour ces pays. Cet effet masquant disparaît peu à peu avec la forte croissance de ces pays. A « niveau de vie égal », cette équation peut se simplifier en :

CO2 (teqCO2) = Population (hab) / Efficacité Carbone humaine (hab / teqCO2)

Si on considère, en première approximation qu’il y a un flux annuel limite d’émissions de CO2 d’environ 15 milliards de teqC02 (en tenant compte d’un effet puits constant) pour garantir un effet de serre stable et donc un environnement stable, l’efficacité carbone humaine (inverse de l’intensité carbone humaine) doit alors évoluer de manière proportionnelle à la population mondiale.
Ces 2 paramètres représentés graphiquement, on voit, par analogie avec la transition démographique, se dessiner un effet retard qui se traduit par la fameuse courbe d’augmentation très rapide des émissions de CO2 qui a été constatée depuis 1950.
Tout l’enjeu de la transition environnementale est de réussir à atteindre un nouvel équilibre (population / efficacité carbone) et donc de faire croitre fortement l’efficacité carbone, ce qui aura pour résultat de « courber » plus fortement l’évolution des émissions pour aboutir à la fameuse courbe en cloche de l’accroissement de la population.

3) Cette transition environnementale partage trois caractéristiques avec la transition démographique:

• Nécessité de leviers scientifiques et comportementaux
De la même manière que la transition démographique a été le résultat croisé d’une révolution scientifique (vaccins / antibiotiques) et de changements de comportements (famille type, contrôle des naissances), la transition environnementale nécessitera la pleine réalisation de ces 2 leviers : une révolution scientifique et industrielle (nouvelles technologies de transport, de construction et de production d’énergie) et une révolution des comportements (mobilité, confort, communication).

• Le caractère irréversible
L’équilibre atteint en fin de transition ne sera plus le même que celui avant la transition. La concentration stabilisée de CO2 à long terme (450, 550 ppm ?) transformera durablement le monde dans lequel nous vivons (climat, zones agricoles,…), de la même manière que nous apprenons aujourd’hui à vivre avec une population de 6 à 9 milliards d’être humains. C’est l’effet retard de la transition, l’effet inertie qui est responsable de cette irréversibilité. Quels que soient nos efforts de réduction d’émissions, nous ne pouvons éviter un réchauffement moyen de 1-2 °C.

• Le caractère gradué et étalé de la transition
Dans le cadre de la transition démographique, les pays développés ont effectué leur transition plus tôt que les pays pauvres et ont souvent joué un rôle non négligeable d’incitation auprès de ces derniers pour accélérer leur transition. Là encore, c’est certainement au sein des pays « développés » que les technologies et les nouveaux comportements seront inventés et intégrés, les consciences étant déjà mobilisées depuis quelques années, notamment dans des pays en pointe comme l’Allemagne ou les pays scandinaves. C’est tout l’enjeu mondial de la transition d’opérer un transfert de technologies et de savoir-faire aux pays émergents, afin que leur modèle de développement ne passe pas par la case « économie fortement carbonée ».

L’exemple du CO2 que nous avons pris car plus documenté et quantifié est facilement transposable aux autres principaux impacts environnementaux. Il nous faut absolument atteindre un nouvel équilibre en termes d’exploitation des ressources naturelles et de biodiversité.

Les acteurs que sont les collectivités locales, les entreprises et les investisseurs ont un rôle essentiel à jouer dans cette transition. Il en va pour chacun de ces acteurs de leur responsabilité vis-à-vis de la société mais aussi tout simplement de leur intérêt en tant qu’acteur économique et politique. I Care Environnement se propose de mettre ses compétences au service de ces acteurs pour les aider à réussir leur transition environnementale©.